À propos
La scène
Au tout début d’une mission de retournement, dans une entreprise en grande difficulté, j’ai dit aux actionnaires : « Comment voulez-vous faire un plan de relance sans relance ? Avec les mêmes idées, sans investissement, et avec le même directeur général ? » J’ai failli me faire renvoyer ce jour-là.
Je n’ai pas été renvoyée. Et c’est resté ma méthode.


Une phrase que je répète depuis vingt-cinq ans
Je ne comprends pas. Et quand je ne comprends pas, c’est qu’il y a un problème.
Je la dis à peu près à chaque mission. Ce n’est pas une posture de modestie. C’est un outil de travail. Quand un montage, un discours ou une organisation ne tient pas debout dans ma tête, c’est en général qu’il ne tient pas debout tout court — et personne, avant moi, n’avait osé le formuler à voix haute. Alors je demande. Simplement : « Dites-moi ce que vous pensez, vraiment. » Rarement posée en entreprise, cette question fait remonter l’essentiel.
Ce que je crois,
et qui ne plaît pas toujours
Personne ne change. Ni les dirigeants, ni les équipes, ni les organisations — pas fondamentalement, pas sur commande. Ce qui change, ce sont les process de travail. Réorganisez-les, et les mêmes personnes, avec les mêmes défauts et les mêmes qualités, se mettent soudain à mieux fonctionner ensemble. Je ne cherche jamais à transformer les gens. Je cherche ce qui, dans la mécanique, les empêche d’être bons.
C’est sans doute pour ça que les syndicats m’apprécient, alors que je suis engagée par les directions. Je suis directe, parfois frontalement. Mais je porte l’intérêt général, pas un camp — et ça, sur le terrain, ça se voit vite.
Ce qu’on me dit souvent
Sous des formes variées, une idée revient : que je sais décrypter un univers complexe et en tirer des solutions très concrètes — celles qui vont chercher les équipes les mains dans le cambouis pour les aider à s’en sortir. On s’étonne aussi que je ne « fonctionne » pas comme une consultante : direction, psychologie clinique, droit américain, industrie — je n’ai jamais vraiment appris à parler le langage feutré du conseil, et je crois que c’est tant mieux.
Un parcours pensé comme un outil de décryptage
HEC, un LL.M. en droit américain à l’université de Géorgie, une formation en psychologie clinique, puis les grands groupes internationaux : je n’ai jamais vécu ces étapes comme une accumulation de diplômes, mais comme la construction d’une grille de lecture à plusieurs entrées. Le droit m’apprend à voir les rapports de force et les non-dits contractuels. La psychologie clinique m’apprend à entendre ce qui ne se dit pas en réunion. L’entreprise m’apprend le reste : le concret, le chiffre, le pouvoir, le temps qui presse. C’est cette superposition-là, et non chacune de ces briques prise isolément, qui me permet de décrypter des organisations dans toute leur complexité.
C’est cette conviction — que rien ne se comprend depuis un seul point de vue — qui a donné naissance à Artélie, il y a plus de vingt-cinq ans.
Le terrain, sans filtre
J’ai travaillé dans l’industrie, la distribution, la santé, les médias, le luxe, la culture, la recherche, les services, et dans des entreprises en pleine restructuration. Face à moi : des dirigeants de groupes internationaux, mais aussi des vendeuses, des infirmières, des chercheurs, des ouvriers, des représentants du personnel, des administrateurs judiciaires. Aucune organisation ne se laisse comprendre depuis un seul étage.
En dehors des missions
Je lis beaucoup — les livres déplacent le regard et bousculent les certitudes. Je voyage souvent seule, pour aller vers d’autres logiques et garder une liberté de penser intacte. Depuis quelques années, je réhabilite aussi des lieux : concevoir un espace où l’on se sent immédiatement bien, c’est le même geste qu’en mission — repérer un potentiel, révéler ce qui est déjà là, créer les conditions d’un nouvel équilibre.
Je suis mère de deux garçons, qui m’ont appris autant sur la vie que bien des missions de conseil réunies.
Ce qui m'anime vraiment
Résoudre des problèmes n’est pas ce qui me porte. Ce qui compte, c’est d’aider à retrouver de la lucidité, de la confiance, une capacité à agir — dans des contextes où tout semble figé.
C’est cette ambition qui fait vivre Artélie, chaque jour.
