Pendant une dizaine d’années d’expérience dans le monde entier,  j’ai été frappée par le décalage entre la finalité des décisions stratégiques et la manière dont elles étaient vécues sur le terrain.

L’approche d’Artélie permet de mieux appréhender le rapport entre objectifs stratégiques et responsabilité sociale.

Réconcilier les positions des uns et des autres avec des enjeux devenant peu à peu communs.

L’objectivité d’Artélie repose aussi sur des éléments de méthode, incontournables, des facteurs clefs de succès.

Il s’agit aussi bien de cas individuels que d’équipes ; d’entreprises, d’associations ou d’organisations publiques ; de bureaux, d’usines, d’écoles ou d’établissements de soins.

Tous les Associés-mission ont passé de très nombreuses années dans plusieurs entreprises.

C’est plutôt, de mon point de vue, une réelle opportunité pour nos clients : nous nous positionnons dans l’expertise à haute valeur ajoutée.

Entretien avec Bénédicte Haubold

Artélie ? Qui est-ce ?

Bénédicte Haubold, dans votre domaine, on rencontre des psychologues, des sociologues, mais pas toujours des consultants qui connaissent vraiment l’entreprise. Est-ce que cela ne nuit pas à votre crédibilité ?

Mon parcours académique commence de manière classique : HEC Paris et Droit en France, puis aux USA.
Je souhaitais travailler dans l’entreprise et c’est ce que j’ai fait. Parallèlement, j’ai suivi plusieurs années d’études de psychologie clinique. Je vous assure que c’est fort utile pour nos missions !
Pendant une dizaine d’années, j’ai exercé dans le monde entier, au sein de grands groupes industriels ou de services, notamment comme auditeur en finance et en organisation.
J’ai été ainsi amenée à comprendre une stratégie, à analyser des comptes, à auditer un process industriel ou une chaîne de production, à proposer des organisations plus efficaces…

Quand même, Artélie n’est-il pas qu’un acteur de plus dans un marché déjà abondamment fourni en cabinets conseils ?

D’abord, comme vous le remarquiez, ce n’est pas si fréquent de posséder cette double compétence dans notre métier.
Et puis Artélie est le fruit d’un itinéraire à la fois très personnel – et très ancien : depuis la fin des années quatre-vingt-dix.
Je me suis rendue compte que je n’étais pas totalement faite pour le monde de l’entreprise et que j’avais un besoin vital de mener plusieurs activités de front.
J’ai intégré l’unité de « Malaise au travail » à l’hôpital de Garches, spécialisée notamment dans la gestion du stress. Nous y recevions des salariés en grande détresse. Nous devions les aider à puiser en eux les moyens de reprendre confiance, à se repositionner dans leur entreprise ou à retrouver sereinement un travail. Il nous arrivait de contacter leur employeur et de jouer un rôle de médiateur…
Tout au long de mon expérience d’auditeur aussi bien qu’à Garches, j’ai été frappée par le décalage grandissant dans les entreprises entre la finalité des décisions stratégiques (ou des mesures d’organisation) et la manière dont ces décisions étaient vécues sur le terrain, notamment sur le plan de la qualité de vie au travail.
Ce décalage produit de multiples tensions contreproductives pour l’organisation elle-même et génératrice de stress. Il contribue à créer des déséquilibres humains souvent irréversibles. Je m’en rendais compte en recevant des personnes « détruites », incapables de se réinsérer après avoir quitté leur entreprise.
Artélie – c’est là sa vocation, c’est tout le sens de notre action – aide à assurer ce lien entre décisions stratégiques et impact sur le terrain.

Qu’est-ce qui rend donc Artélie si différent ?

Vous le comprenez bien : pour nous, il ne s’agit pas seulement de répondre aux évolutions de la jurisprudence, de se contenter d’identifier les risques psychosociaux (RPS), de se concentrer sur le seul « malaise » des salariés et la gestion du stress. Et d’ignorer le rapport entre décisions stratégiques et risques humains – au détriment d’un appui efficace à l’entreprise ou à ses collaborateurs.
Artélie privilégie une approche « systémique » de l’organisation. Environnement concurrentiel, stratégie, organisation, management, situations de tensions… : nous les mettons constamment en relation. Il s’agit de montrer la nécessaire cohérence de l’ensemble et d’agir sur des situations très concrètes.
Cette approche a un autre mérite : elle « parle » bien à un comité de direction ou à un fonds d’investissement, mais également à des CHSCT lorsqu’ils sont dans la logique d’expertise CHSCT ; elle leur permet de mieux comprendre la connexion entre leurs objectifs et leur responsabilité sociale. Et de mieux cibler les actions prioritaires, notamment dans le cadre de projets de conduite du changement ou de mise en œuvre d’actions spécifiques dans le domaine de la qualité de vie au travail.

Avec une telle approche, vous défendez évidemment plutôt les intérêts de l’employeur !

Nous défendons plutôt les intérêts de l’entreprise. Se positionner exclusivement comme conseil de la direction – ou à l’inverse comme expert du CHSCT – accentue les clivages, n’aide pas à formuler des diagnostics clairs et partagés, susceptibles d’amener des solutions pertinentes et opérationnelles.
Depuis le début, j’ai véritablement à cœur l’impartialité d’Artélie. D’abord pour préserver l’originalité de notre éclairage et notre capacité d’invention. Mais surtout pour réconcilier les positions des uns et des autres avec des enjeux devenant peu à peu communs.
Je l’avoue : c’est une discipline quotidienne ! Celui qui nous sollicite – ce peut être l’employeur, mais aussi le CHSCT – pense que nous allons épouser son seul point de vue. C’est compréhensible, mais c’est un danger…
L’objectivité de notre approche étant reconnue, nous sommes beaucoup plus fréquemment mandatés par l’employeur et le CHSCT conjointement. C’est plus intéressant, car on s’accorde plus vite sur les constats et sur un plan d’action véritablement opérationnel et on met en place, de manière constructive, des actions de prévention du risque psychosocial, de médiation RH, de qualité de vie au travail, de conduite du changement.
Cette objectivité se gagne aussi par des éléments de méthode, incontournables : ceux que nous appelons des « facteurs clefs de succès ». Par exemple, nous rencontrons systématiquement toutes les parties prenantes avant le début de la mission ; en cours de mission, nous faisons le point avec la direction générale comme avec le CHSCT ; nous ne commençons jamais une mission sans accord sur un groupe de travail mixte, chargé d’affiner les recommandations finales et de suivre la mise en œuvre du plan d’action.

Quelles sont alors les entreprises – ou les organisations – qui font appel à vous ? Dans quelles circonstances ?

Le bouche à oreille entre clients reste notre meilleure source de reconnaissance.
Depuis quelques années, les avocats en droit social sont de fidèles prescripteurs : ils se trouvent au cœur des problèmes, ils cherchent pour leurs clients des solutions non contentieuses qui donnent des résultats ; Artélie leur apporte une compréhension fiable et concrète du terrain, sur lequel ils ne sont évidemment pas.
Je note aussi que nombre d’Aract, le réseau de l’Agence nationale pour l’amélioration des conditions de travail, conseillent à leurs interlocuteurs d’inclure Artélie dans la liste des experts à rencontrer.
Si vous allez sur notre site web – Que peut vous apporter Artélie ? Cas réels – vous découvrirez la très grande variété des situations et des organisations dans lesquelles Artélie intervient.
Il s’agit aussi bien de cas individuels que d’équipes ; d’entreprises, d’associations ou d’organisations publiques ; de bureaux, d’usines, d’écoles ou d’établissements de soins.
Il nous arrive d’agir dans la journée en cas de crise aigue, ou ponctuellement pour une réorganisation, ou dans le cadre d’un plan pluriannuel de réduction des risques, de GPEC, voire d’amélioration de la qualité de vie au travail.
En fait, nous voulons maîtriser notre expertise et refusons de toucher à tous les domaines de la stratégie ou de la relation ; mais dans ce cadre-là d’exigence, nous sommes extrêmement adaptables.

Comment pouvez-vous rester libre, vous exprimer franchement dans des situations aussi délicates, avec des interlocuteurs parfois très opposés ?

Il est déjà plus facile de s’exprimer sans détour lorsque votre impartialité n’est pas contestée. C’est une raison supplémentaire d’y attacher tant de prix.
Nous cultivons un principe immuable, qui en découle : Artélie ne présente et ne remet qu’un seul rapport, le même à toutes les parties prenantes. C’est d’une grande exigence : il nous faut développer une analyse, qui emmène au même endroit ces interlocuteurs ayant des visions a priori très opposées.
Le verbatim prend alors toute sa place. Illustrer l’analyse par les réactions anonymes, mais caractéristiques, des salariés interrogés provoque assez vite des prises de conscience déterminantes. Nous accordons beaucoup de place à cet exercice de pédagogie, afin de stimuler la volonté de prendre les initiatives qui s’imposent.

Y-a-t-il des missions que vous refusez ? Ou que vous interrompez ?

Oui, bien sûr ! Nous nous réservons toujours la possibilité – après en avoir discuté avec notre client – de suspendre une mission ou, du reste, de ne pas la commencer.
Cela arrive ! Nous pensons que ce ne serait pas responsable d’entreprendre un audit, de rencontrer des salariés, alors que nous nous sentons par trop « instrumentalisés » ou lorsqu’aucun intérêt n’est par exemple montré à la mise en œuvre d’un plan d’action relatif à la conduite du changement, la qualité de vie au travail, la gestion des risques.

Les conseils doivent souvent fonctionner avec une multitude de juniors, qui assurent le travail de fond. N’est-ce pas un risque dans le domaine d’Artélie ?

Bien sûr ! Mais le plus grand danger, c’est de penser, d’emblée, que l’on « connait » le secteur du client, ses problématiques, ses risques… Un senior peut avoir ce travers puisqu’il possède l’expérience !
Artélie travaille avec des personnes qui savent « qu’elles ne savent rien » avant de commencer toute mission, sans préjugé, avec une grande ouverture d’esprit, une vraie capacité d’écoute. C’est crucial. C’est ainsi qu’une mission devient « sur mesure ».
Par conséquent, c’est aussi la spécificité d’Artélie, tous les Associés-mission du cabinet ont passé de très nombreuses années dans plusieurs entreprises, à des postes opérationnels. Ils déchiffrent les enjeux des organisations, les difficultés de la conduite du changement et de la gestion des risques.
Ils permettent à Artélie une approche très concrète.
Nous réduisons le risque comme vous dites, mais c’est plutôt, de mon point de vue, une réelle opportunité pour nos clients : nous nous positionnons dans l’expertise à haute valeur ajoutée en dehors du cadre pur de toute expertise CHSCT par exemple.

Est-ce que vous avez le souvenir d’une mission qui vous a rendue heureuse, où Artélie a réellement fait la différence ?

J’ai heureusement plus d’un souvenir ! Paradoxalement peut-être, je pense d’abord aux représentants du personnel, à la Dirrecte ou à l’Inspecteur du travail, qui nous font comprendre combien notre travail est bénéfique à l’entreprise, facteur de conciliation ou d’amélioration du climat interne.
Je me réjouis également lorsque CHSCT et direction votent ensemble l’expertise d’Artélie pour avancer dans une réorganisation à fort enjeu. Je trouve alors à notre rôle du sens et une certaine utilité ! Bénédicte Haubold
Bien entendu, je n’oublie pas ces clients qui nous remercient des mois après notre passage ou qui nous invitent à constater un progrès majeur issu de notre mission.
C’est aussi la raison pour laquelle nous proposons un « certificat Artélie » : il atteste l’exécution et la conformité d’initiatives répondant aux problématiques détectées au cours de la mission. On est loin des missions d’expertise CHSCT pures, qui ont pu au départ être demandées, de manière offensive !

Mai 2014