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Artélie Conseil - Newsletter 17 - L'actualité du risque humain en entreprise
Restructurations : pourquoi de plus en plus d'entreprises anticipent les risques humains
Cela peut concerner une évolution mineure d’un métier comme un vaste plan de sauvegarde de l'emploi. De plus en plus de réorganisations d'entreprise font l'objet, en amont, d'une étude sur les risques humains qui peuvent naître de tels changements. Les décideurs prennent conscience de l'apport des audits de tensions humaines. C'est le cas d'Air France qui nous a dévoilé la méthode qu'elle a mis en place pour évaluer les impacts humains de toute transformation interne. Les évolutions de la jurisprudence poussent par ailleurs les entreprises à anticiper les éventuelles conséquences des restructurations qu'elles entreprennent.

Comment se déroulent ces études sur les risques humains ? Qui y participe ? Quels buts poursuivent les entreprises qui les engagent ? Le point sur une pratique en expansion, qui vise in fine à réconcilier efficacité du business et tensions humaines, et qui vient de faire l'objet d'une étude réalisée par la fondatrice d'Artélie, Bénédicte Haubold.
 
Une anticipation amenée à se développer
C'était jusqu'à présent l'affaire de pionnières. Des sociétés comme Air France ou Danone décidaient de se pencher en amont sur les conséquences d'une réorganisation annoncée. Elles visaient à travers cette anticipation à conjuguer performance et qualité de vie. Les choses, aujourd'hui, changent : ces avant-gardistes sont rejointes par un nombre croissant d'entreprises qui se posent la question des tensions humaines de façon précoce, parfois même au stade de confidentialité des projets de plan de sauvegarde de l'emploi (PSE).

Pourquoi une telle évolution ? Tout d'abord parce que le contexte économique provoque une multiplication des restructurations, des changements de périmètres et de nombreux PSE. Les sociétés potentiellement concernées par un audit de tensions humaines sont donc plus nombreuses. Artélie le constate au quotidien, leur regard change. Elles pensaient jusqu'alors que les aspects humains suivraient naturellement les réorganisations. Elles se rendent désormais compte qu'un accompagnement peut être nécessaire. Enfin, et surtout, l'intérêt pour une étude précoce des risques humains est porté par une évolution de la jurisprudence. Un arrêt de la chambre sociale de la cour de cassation en date du 13 décembre 2012, dit « arrêt FNAC », impose à chaque entreprise qui change de périmètre et se reconfigure d'auditer les impacts humains préalablement à toute réorganisation ou PSE.
 
Air France à l'avant-garde du mouvement
Air France compte parmi les sociétés convaincues de l'importance d'une étude des risques en amont d'une évolution interne. La compagnie aérienne doit faire face à de nombreux défis : restaurer sa compétitivité, rénover ses modes de fonctionnement, repositionner ses produits. Pour se faire, un ambitieux plan a été mis en place : le grand projet d'entreprise Transform 2015. De nombreux projets de changement doivent en découler.

La société a donc décidé d'accompagner ces transformations en se penchant de manière systématique sur les risques humains induits pour mieux les identifier, pour ensuite les réduire, voire les éliminer. Cette démarche d'évaluation et d'anticipation des risques est en place dans l'entreprise depuis 2010 et concerne tant les projets d'ampleur comme Transform 2015 que des évolutions plus légères : modification dans un atelier de construction d'un avion, évolution d'un processus sécurité, adaptation des métiers en mutation, etc.

La compagnie a perçu qu'elle pouvait, grâce à cette anticipation des risques, gagner en efficacité sur l'opération à mener. Cela lui permet également favoriser l'adhésion et l'implication des personnes concernées pour mettre en œuvre le changement.
 
Les dessous de la méthode Air France
A travers la méthode Shell, Air France cherche à comprendre comment le projet va changer l'organisation du travail, les outils, mais également l'environnement et le contexte de travail.
Point fort du process : une approche centrée sur les interfaces. L'analyse porte sur celles observées entre, d'une part, les individus, et d'autre part, différentes entités : l'organisation, les individus eux-mêmes, leur environnement, leurs outils de travail. Un groupe de travail mené par un chef de projet va se pencher en ateliers sur ces différentes thématiques. A charge pour lui d'identifier toutes les possibilités de blocages, les divers risques afin de les pallier en amont.
 
Les premiers retours sont positifs. Air France estime que cette procédure permet aux dirigeants de repréciser leur pensée et la manière dont ils perçoivent la mise en place des projets concernés. Ils peuvent ainsi avoir un « contact » précoce avec la réalité du terrain et les éventuelles difficultés de mise en œuvre.
 
Développer davantage d'ambition stratégique
A l'image d'Air France, un nombre croissant d'entreprises s'implique dans des démarches pérennes et systématiques de prise en compte des tensions humaines inhérentes à la vie des organisations. C'est une évolution notable.

Reste qu'une nouvelle étape peut être franchie : développer davantage d'ambition stratégique. Et en la matière, l'idéal serait d'anticiper et d'évaluer les tensions humaines dans le cadre du comité de direction. Ce sont en effet souvent les opérationnels qui sont aujourd'hui sollicités sur ces questions, une fois les décisions prises et alors qu'il n'existe plus vraiment de retour en arrière possible.

Il serait également positif que le travail en pluridisciplinarité qui semble se mettre en place sur ces questions soit approfondi. On pourrait par exemple faire travailler ensemble le DAF, le responsable de l'amélioration continue, de l'efficacité organisationnelle, le DG, le DRH, le directeur marketing si besoin –aujourd'hui, ce sont souvent seulement des collaborateurs de niveau N -1 qui sont impliqués : DRH, psychologue, médecins du travail. Cela permettrait à une grande variété de points de vue de s'exprimer. Les parties prenantes pourraient alors envisager plus concrètement les principales recommandations à adopter quant à l'ampleur, le phasage ou le déroulé de l'opération.

Autre voie de progrès, sur laquelle nous travaillons dans le cadre de nos audits de tensions humaines : la mise en place d'entretiens avec les usagers eux-mêmes, qui vont être concernés directement, dans leur quotidien, par les changements prévus.
 
Une étude pour repenser le lien entre risques humains et stratégie d'entreprise
eurostatPourquoi un nombre croissant d'entreprises jugent-elles stratégique d'anticiper les risques humains ?
Quelles sont les étapes indispensables à une bonne gestion de ces mêmes risques ?
Quelles sont les dernières évolutions de la jurisprudence en la matière ?

Autant de questions auxquelles se propose de répondre une récente étude publiée par le groupe Les Echos. Réalisée par Bénédicte Haubold, fondatrice du cabinet Artélie Conseil, elle offre un benchmark complet des meilleures pratiques et méthodologies en matière de gestion des risques.

Danone, Air France, Orange ou encore Atos Origin : de nombreuses entreprises pionnières livrent les clés des analyses d'impacts humains qu'elles ont menées. Une étude qui invite à repenser le lien entre risques humains et stratégie d'entreprise et qui est disponible sur le site eurostaf.fr
 
 
En bref
» Bien-être au travail : Satisfaction en hausse dans les grandes entreprises
La satisfaction des salariés s'améliore dans les grandes entreprises (plus de 250 salariés), d'après l'édition 2012 de l'enquête de l'Observatoire de la vie au travail (OVAT) sur le bien-être en entreprise.
Les personnes interrogées mettent en avant de meilleures conditions de travail et une exposition plus faible au stress. Les collaborateurs auraient une bonne perception de « la prise en compte par leur hiérarchie de leurs soucis quotidiens, particulièrement les irritants sociaux », ainsi que le souligne l'étude.
C'est au contraire une forte dégradation du moral des salariés qui est constatée dans les petites entreprises -et tout particulièrement dans les TPE de moins de 10 salariés. Une évolution notamment liée à une plus grande incertitude quant à leur avenir professionnel.

Consultez l'étude 2012 et les résultats des années précédentes
 
 
» Un salarié sur huit serait une source de risque pour son entreprise
Le comportement d'un salarié sur huit constituerait une source de risque pour son entreprise, d'après une vaste enquête menée par le cabinet SHL. Basée sur un panel de plus de 1,3 million de personnes à travers le monde, l'étude indique que les cadres concernés prendraient des décisions de moins bonne qualité et auraient une communication plus pauvre. La catégorie des senior managers serait moins « touchées », avec un taux de un cadre sur quinze jugé « à risque ».
Parmi les collaborateurs de terrain, les salariés concernés ne respecteraient pas suffisamment les règles et feraient moins attention aux détails, d'où un plus fort taux d'erreurs et d'accidents. Leur engagement et leur capacité à travailler en équipe seraient par ailleurs plus faibles.
Ces personnes « sources de risques comportementaux » seraient plus nombreuses dans les télécoms et les biens de consommation et peu présentes dans le secteur public et le commerce.

Consultez l'étude
 
 
citation
DRH, le livre noir"Près de 75% des postulants exagèrent leurs responsabilités passées, 56% modifient la durée de leurs emplois successifs pour éviter les trous sur le CV et 36% mentent carrément sur leurs diplômes"

C'est le constat sans appel dressé par le sociologue et professeur à l'université Paris I - Panthéon-Sorbonne, Jean-François Amadieu, dans son dernier ouvrage : DRH, le livre noir (Editions du Seuil, 2013)
 
Publication
Fondé en 2007 par Bénédicte Haubold, Artélie Conseil est un cabinet d’expertise en prévention et en résolution des risques humains en entreprise.
 
Notre vocation est d’accompagner les directions générales dans l'atteinte de leurs objectifs stratégiques à travers une meilleure gestion de ces risques. Nous intervenons dans des situations complexes à forts enjeux, et mettons en œuvre une méthodologie d’audit innovante pour y répondre, en nous basant sur le double profil – audit et formation en sciences sociales – de nos consultants.
 
 
« Anticiper et résoudre les situations humaines difficiles en entreprise »
artelieconseil.com - 15 Rue de Madrid - 75008 - Paris - tel +33 1 45 22 53 45 - Fax +33 1 43 87 62 19
 
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